Le tissage dans cette région du monde est principalement la tâche des femmes bédouines. Les hommes s’occupent de couper la laine de leurs troupeaux de moutons, de chèvres et de chameaux au printemps puis la suite est une affaire de femme.

Une fois la laine récoltée, les femme s’attèlent à la nettoyer puis à former des bobines manuellement.  Un travail aussi fastidieux que minutieux. Elles manient d’une main de maitre cet art.

Une partie de la laine gardera sa couleur naturelle et une autre partie sera teintée à l’aide d’un procédé 100% organique. En effet, la laine en filaments est placée dans une grande marmite d’eau chaude déjà colorée à l’aide de henné, de safran ou de curcuma. Nous voyons déjà que la palette de couleurs est chaude et reflète totalement l’environnement dans lequel elles se trouvent, le désert des déserts.

Au delà du lieu qui représentent ces couleurs, elles teintent leur laine en faisant référence aux couleurs naturelles de la peau (noir, blanc, marron, beige et rouge).

Une fois séchés au soleil pendant deux jours environ, les filaments de laine sont récupérés par les femmes et la formation des bobines peut commencer.

Elles entourent la laine autour d’un petit fuseau de bois bien lisse et droit avec une croix en bout pour retenir la laine. Elles le font tourner au bout de leurs doigts à une telle vitesse que la croix n’est même plus perceptible par moment.

Une fois les bobines formées et les couleurs triées, les femmes commencent à placer les métiers à tisser dans leur tente à même le sable. La longueur réglable du métier à tisser déterminera la taille du produit fini. C’est à ce moment que les tapis, housse et scelles commencent à prendre vie.

Au delà du métier qu’est le tissage, il s’agit là pour ces femmes d’une activité sociale qui leur permet de se réunir et de travailler en groupe. Elles échanges leurs conseils sur leur métier mais aussi sur la vie, la famille, la religion… Tous ces conseils profitables aux plus jeunes d’entre elles permet surtout de transmettre ce savoir faire. L’apprentissage de cet art ancestral est assez long et il passe dans un premier temps par l’observation. La transmission se fait donc d’une façon agréable dans la joie et la bonne humeur.

Ces produits tissés sont d’une réelle nécessité au quotidien pour les bédouins. Pour leur confort au sein de leur tente mais aussi pour monter à cheval ou à dos de chameau. Chaque motif, généralement géométrique, a une signification particulière. Certains sont utilisés pour les célébrations en l’honneur de l’héritage national.

Le développement industriel a provoqué une forte urbanisation ce qui a engendré une dispersion et une baisse de la population bédouine. Pour ceux qui demeurent bédouins leur mode de vie change avec les nouvelles technologies. C’est pour cette raison que la longévité de cet héritage culturel est menacé. Il y a de moins en moins de femmes qui pratiquent l’art du tissage. Elles sont pour la majorité âgées et peine à sauver ce savoir faire.

De nombreuses associations aux émirats ont décidé de mettre en place des formations à travers des cours de tissage afin de protéger cet héritage. L’intégrer dans l’éducation est leur objectif principal afin de former dès le plus jeune âge.


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